Les bases de la thérapie constructive

1. Les fondamentaux de la thérapie constructive par le dialogue et par l’action.

La thérapie constructive se réfère aux épistémologies constructivistes,  aux théories de la connaissance qui placent au centre du développement de l’être humain l’action du sujet, ses interactions avec le monde et avec autrui (épistémologie génétique de Piaget et constructivisme interactionnel de Watzlawick). Cette approche thérapeutique repose sur quatre principes solidaires : la cohérence, la corporéité, l’énaction et l’équilibration.

 

La «cohérence» désigne la manière d’être au monde, unique et singulière, constitutive de notre permanence dans une stabilité mobile. 

 

 La «corporéité» est le deuxième principe, le « corps » étant le « véhicule » de cet être au monde, que ce soit au niveau biologique, en ce qui concerne les apprentissages ou dans le monde culturel (M. Merleau-Ponty).

Les processus sensoriels et moteurs, la perception et l’action sont inséparables quand on considère « l’action incarnée », l’énaction (F. Varela) : elle concerne la cognition, mais également le ressenti, le vécu émotionnel et relationnel.

L’équilibration est le processus continuel d’états provisoires d’équilibres, de déséquilibres, de compensations, décrit par Piaget pour rendre compte du développement, de l’apprentissage, de l’invention de solutions nouvelles. L’équilibration « majorante » est au cœur de l’auto-organisation, de la construction de notre cohérence dans le jeu des interactions avec le monde, les personnes et la culture. Le but thérapeutique est de remettre en mouvement ce processus lorsque les circonstances de la vie l’ont bloqué.

La thérapie constructive adopte une causalité circulaire ou plutôt en spirale, se différenciant ainsi de la causalité linéaire et déterministe. Elle s’attache au comment et non plus au pourquoi. Aux interprétations, elle préfère la constitution d’hypothèses que la personne validera ou réfutera par son action et sa réflexion.

Si elle est proche parente des théories systémiques qu’elle intègre, la thérapie constructive prend en compte la vie psychique grâce à un accompagnement singulier qui repose sur l’explication des liens d’attachement. La démarche constructive s’intéresse de près à la vision actuelle du monde des personnes construite au cours de leur développement et de leur histoire.

2. Pratique de la thérapie constructive

Elle reconnaît comme légitime la multiplicité des « réalités » construites par chacune d’entre elles, le respect de chacun étant vécu dans le décours du dialogue, conduit sans jugement ni commentaire. Pour y parvenir, l’échange s’établit dans un cadre relationnel qui utilise la méthodologie de l’entretien d’explicitation développée par Pierre Vermersch.

Le “contrat de communication” constitue ce cadre relationnel. 

 

En pratique, une thérapie constructive peut alterner des séances individuelles, de couple et de famille.

 

S’agissant des couples ou des familles, l’accompagnement est conduit par deux thérapeutes – une femme et un homme – assurant ainsi un équilibre relationnel plus sécurisant : moins de risque de coalition, éventail plus large des points de vue et enrichissement relationnel permanent. 

Le dialogue ayant permis à chacun de s’informer sur la situation, les difficultés et les attentes, les solutions déjà tentées, et d’exprimer son ressenti, les thérapeutes se concertent dans une autre salle. Leur échange vise à élaborer une expérience qu’ils vont ensuite proposer aux personnes qui consultent de mettre en oeuvre, dans l’intervalle de deux séances.

Cette expérience vécue, conçue “sur mesure”, entend mobiliser les ressources de chacun et du système (couple ou famille), pour favoriser l’émergence de nouveaux choix. C’est en cela que la thérapie constructive donne la primauté à l’action pour évoluer – et peut-être changer – dans la vie. 

 

 

3. Quelques références théoriques.

 

Voir notre Bibliographie, et en outre :

Merleau-Ponty (M.), Phénoménologie de la perception (1945), réédition en 1992 (Gallimard, collection Tel).

Piaget (J.), L’équilibration, problème central du développement, P.U.F., 1974.

Varela (F.),  Thompson (E.), Rausch (E.), L’inscription corporelle de l’esprit, Seuil, 1993.

Vermersch (P.), L’entretien d’explicitation, ESF, 1994. 

metamorphoses.assoc@wanadoo.fr 

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2017-04-20T12:33:29+00:00